Koudaki - Christine Preiss
Koudaki
MON ENFANCE, MA RÉSILIENCE

La noce est finie
Les hommes sont repartis
Ils ont quitté le village
Désertant le paysage
Femmes et enfants restés sur le rivage

Des centaines de milliers de familles issues des anciennes républiques soviétiques en Asie Centrale sont concernées par l’immigration économique vers la Russie. Nombre d’enfants grandissent ainsi, dans les villages du Pamir ou des Monts Fans, au Tadjikistan, séparés de leurs pères, voire de leurs deux parents quand ces derniers ont quitté ensemble un pays à l’économie exsangue. Ils les retrouveront pendant leurs courtes vacances au pays, une fois par an ou tous les deux ans. Il arrive que les hommes, partis seuls, fondent une nouvelle famille dans les mégalopoles russes, réduisant d’autant leur participation à l’économie de ceux qu’ils ont laissés sur place, coupant même parfois tout lien avec eux.
Des enfants séparés de leurs parents par une frontière, dans un contexte économique particulièrement délétère… Un archétype de situation d’adversité qui impactera leur manière de se construire et d’être au monde… Un contexte qui générera aussi, chemin faisant, des occasions uniques et créatives de résilience !

Photos prises au Tadjikistan et au Kirghizstan entre 2010 et 2018.

Quelques chiffres à l’appui : « Autour d’un million de Tadjiks, pour une population totale de 8,2 millions d’âmes, gagnent en Russie le pain de leur famille, restée au village. Près de la moitié du PIB tadjik est formé par les remises d’argent envoyées chaque mois. C’est un record mondial ! » Extrait d’un article du journaliste Régis Genté. Décembre 2015. https://asialyst.com
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